Ur c'hevredad kevredigezhioù eo K.L.T. da gentañ penn gant ar soñj kas war-raok yezh ha kultur Breizh e bro Montroulez. Ditouriñ a reomp ivez, par mar c'hellomp, an holl re a faot dezhe gouzout hiroc'h diwar-benn ar pezh a vez graet er vro hag e Breizh a-bezh.
          • Lizher d'ar re o deus dilezet Breizh

          • Ger-ha-ger prezegenn Yvon Ollivier bet dalc'het d'ar gwener 15 a viz Du 2019,
            aozet gant Skol Vreizh ha K.L.T., da-ge˝ver 20vet festival Tan Miz Du.
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            Merci bien de votre accueil, je vais vous parler de ce livre, un pamphlet, Lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne.

             

            Ça me paraissait important de revenir à l’année 2014, année de la grande réforme territoriale, qui n'a été que du vent. Même Marylise Lebranchu qui réside ici à Morlaix avait dit à certaines personnes "il faut faire semblant", il faut faire semblant de faire une réforme parce que le système n'en veut pas. C'est cela le problème et le problème de nos grands élus bretons, c'est qu'ils sont dans le système. Ils aiment bien la Bretagne mais ils sont dans le système, ils en vivent. On l'a vu en 2014, on le voit sans arrêt et ils disposent de tous les relais.

             

            Alors pour commencer mon propos je vais aborder certaines choses qui me paraissent importantes. On sait aujourd'hui qu'il y a une urgence écologique, une transition écologique à accomplir. Il en va de l'avenir de l'Humanité mais qu’il y a aussi une transition démocratique à réaliser en France et le système français n'en veut absolument pas. Les deux transitions sont étroitement liées mais le système français est bâti sur un socle hostile par nature à ces évolutions nécessaires. Peut-être que notre chance, c'est d'avoir cette alliance qui saute aux yeux de tous entre la transition écologique et la transition démocratique c'est-à-dire la prise en main de nos affaires en Bretagne.

             

            Je crois que la démocratie peut s’accomplir au niveau local, au niveau national je n'y crois plus, ou plus vraiment, parce qu'il y a d'autres principes, d'autres choses qui rentrent en jeu. Le système n'en veut pas, le système c'est quoi ? Il est redoutable, il repose sur l'exploitation des richesses au profit du centre. Après deux siècles de République, il serait temps de s'en apercevoir. Les inégalités sont devenues tellement importantes qu'on ne les voit même plus. Les chiffres des dépenses en matière culturelle rien que cela, c'est 70 % pour Paris, plus 11 % pour l'île de France, voyez ce qu'il reste pour les autres ! C'est cela la France aujourd'hui, la centralité capte absolument tout. Nos enfants, ils partent travailler à Paris. Ils sont devenus une variable d'ajustement comme les autres. La Bretagne se dépeuple de ses forces vives et ce sont d'autres personnes qui nous viennent.

             

            Le système repose sur les principes juridiques de l’unicité du peuple français, d'indivisibilité de la souveraineté nationale qui est un principe absolu et c'est la France qui l'a théorisé, quelqu'un comme Bodin, grand théoricien français, disait : un roi peut tout faire y compris changer la langue de ses sujets. C'est exactement ce qui se passe, ce qui s'est passé en Bretagne et ce qui se passe encore parce qu'ils ne veulent pas revenir en arrière. C'est le souverainisme absolu, or aujourd'hui, le souverainisme absolu, c'est la destruction de l'Humanité parce que c'est l'égoïsme de l'État, c'est Bolsonaro, Trump et toute la clique, c’est le Président Macron qui protège son militarisme industriel français etc.

             

            L’Humanité a peu de chance de survie, parce que tant que la souveraineté ne sera pas partagée, tant que les hommes ne prendront pas en charge leurs problèmes, leur environnement local, et bien ce sera fichu. L’ État-nation quelque part nous envoie vraiment dans le mur, il est en train de nous condamner à petit feu. On voit bien ce qu’il faudrait, c’est transférer des compétences au niveau supranational pour qu’il y ait une véritable politique de sauvegarde de l’Humanité de l’environnement etc. mais on n’y est tellement, tellement loin, là aussi on est dans le « Je fais semblant ».

             

            La France c’est aussi les liens très forts avec la technocratie, avec les sociétés du CAC 40, cela il faut le dire, parce que le pouvoir il est là. Qui a facilité l’arrivée de l’inspecteur des finances Macron à la présidence de la République à un moment où un risque pesait sur l’avenir du système? On le sait, et toutes les grandes sociétés françaises sont dirigées par des inspecteurs des finances, un corps de l’État particulier. Le pouvoir en France il est là, ce sont des élites. Il y a quelqu’un qui vient d’écrire un livre très intéressant qui s’appelle La Caste sur ce sujet-là. Le pouvoir se trouve là, il n’est pas à l’Assemblée nationale.

             

            Les députés sont là pour voter dans le sens où on leur dit de voter, ils sont là pour donner l’illusion que règne une véritable démocratie. Ils sont là pour contrôler le peuple et dire aux gens : « Voilà les lois qui sont bonnes pour vous ». Ils ne sont pas là pour prendre ce qui ne va pas dans le peuple et le faire remonter, cela on le sait depuis longtemps. Ils sont là pour légitimer la démocratie, légitimer le système qui n’est plus vraiment démocratique, et pour servir de relais avec le peuple en leur disant : « Cela c’est bon pour vous, voilà les lois qui sont bonnes pour vous », c’est comme cela que ça fonctionne avant toute chose.

             

            Évidemment, au sein de ce système on ne connaîtra jamais la démocratie, je ne pense pas, mais il y a des artifices : la décentralisation. C’est un artifice des centralisateurs, c’est un artifice démocratique. C’est un artifice qui a été créé pour maintenir le système centralisateur. Vous avez une décentralisation avec des élus locaux qui sont là, qui ont un petit budget, les régions on voit comment elles sont découpées etc. avec des budgets ridicules, 1 milliard d’euros pour la Bretagne c’est complètement dérisoire, ce qu’il faudrait c’est 20  fois plus, plus de vingt milliards d’euros pour une Bretagne réunifiée, voilà un budget correct à l’échelle européenne. On fait comme si ces gens-là avaient du pouvoir, on fait comme si on était dans une démocratie. La décentralisation c’est un voile démocratique sur un système qui ne l’est pas ou qui ne l’est plus et nos élus profitent du système, ils sont dedans. Nos élus bretons ont renoncé à la Bretagne.

             

            Je suis Léonard d’origine mais j’habite en Loire-Atlantique. En 2014 le grand débat commence à monter, on pense que cela va être le grand soir, la deuxième gauche nous l’a promis depuis longtemps, Rocard etc. peut-être qu’après tout le PS allait matérialiser ses grandes promesses. Or premier tir de barrage par les grands élus des métropoles invités à Paris : Cuillandre pour Brest, Roland pour Nantes, Appéré pour Rennes et Samzun pour Saint- Nazaire. Ils sont reçus par le Président de la République, et donnent une conférence de presse : c’est « Un appel au Grand Ouest ». Le contre-feu à la réunification de la Bretagne c’est le Grand Ouest. Parce que c’est ce qui divise l’opinion. C’est un sacré coup de poignard dans le dos des Bretons.

             

            Déjà parce qu’on a compris de quel côté se situe le pouvoir, il n’était pas de notre côté, le pouvoir. Ensuite, tout l’art du PS a été de nous faire croire qu’on allait défendre la Bretagne, qu’on allait protéger la Bretagne, alors qu’il y avait eu un accord des élus du PS sur le dos des Bretons. C’est cela la réalité. On peut dire Monsieur Le Drian a sauvé la Bretagne, mais non, c’est un accord entre élus PS, c’est toujours le statu quo qui l’emporte.

             

            Là-bas, en Loire atlantique, il y a des centaines de milliers de personnes qui sont Bretons qui attendent d’être enfin reconnus comme tel, et qui en ont assez. Il n’y a qu’à voir les autocollants sur les voitures, une pétition rassemble 106 000 électeurs en faveur d’ un débat au Conseil départemental sollicitant le droit d’être enfin consultés sur la question ! Imaginez ce que cela représente pour un Département d’un peu plus d’un million d’habitants, c’est énorme. Et le PS, Monsieur Grosvalet a botté en touche en disant « Je vote contre, et je demande à l’État de faire le nécessaire ». C’est la première fois qu’autant de gens voulaient un véritable débat démocratique. C’est la première fois qu’une collectivité comme le Département, a connu l’exercice victorieux de ce droit de pétition. Voyez comment on a été renvoyé dans les cordes de manière odieuse ! Ce qu’on voulait c’était un seul vote du Conseil départemental sur la pétition, au moins qu’il y ait un débat, une consultation, évidemment cela le système n’en veut pas.

             

            Les députés à l’Assemblée nationale, Monsieur Urvoas et ses camarades, je ne vais pas tous les citer - certains ont tenu bon - mais la plupart des députés socialistes bretons ont voté avec le groupe pour le statu quo, Lebranchu, Urvoas qui avait écrit un livre tout à fait intéressant sur une Assemblée unique de Bretagne réunifiée qui se tire une balle dans le pied, ensuite il est devenu ministre, on a compris.

             

            Il y a d’autres réseaux aussi, on pourrait parler de la franc-maçonnerie. Il ne faut pas en parler mais la réalité est là : pourquoi est-ce que Monsieur Urvoas a donné des éléments sur une procédure à quelqu’un qui n’est pas de son camp ? C’est la franc-maçonnerie mais on n’a pas le droit de le dire, c’est aussi ça le système. Le système a ses réseaux et nos élus ont préféré leurs réseaux et le système à leurs sentiments bretons, à leur appartenance bretonne donc c’est un acte de trahison. Ils se sont trahis eux-mêmes, ce qui est beaucoup plus grave.

             

            Quel crédit leur reste-t-il à ces notables, à présent pour parler à nouveau d’Assemblée unique mais uniquement pour les quatre départements de la Bretagne administrative, comme le fait à nouveau Mr Urvoas ? Ces gens-là n’ont honte de rien. C’est pour cela que j’ai écrit ce livre-là, pour leur dire ce que l’on pense d’eux, ils ont été ministres, ils partiront en retraite avec tout ce qu’il faut, quand ils partiront il y aura des articles dans la presse etc. mais ils partiront aussi avec leur pegement.

             

            Ce qu’il aurait fallu faire c’est à l’Assemblée nationale, on a le droit de perdre un vote, il n’y a pas de souci, c’est normal mais on a pas le droit de se trahir comme cela. Il faudra le leur reprocher jusqu’au bout parce que un jour je crois, que nous aurons des élus en Bretagne capable de dire « moi je démissionne ! ».
             
            Et si Le Drian avait mis sa démission dans la balance en disant moi je fous le camp, je crée mon PS à moi avec les élus régionaux qui me suivront, je peux vous dire qu’on serait réunifié aujourd’hui. Si nous avions des élus concernés à ce point par la langue bretonne je peux vous assurer qu’on enseignerait pas le breton aujourd’hui à 3% de nos enfants mais on serait comme les Basques du Nord, c’est-à-dire plus de 50 % des enfants. Ces gens-là on renoncé à la Bretagne, ils ont renoncé à la Bretagne ils ont renoncé à la langue parce qu’après 15 ans de pouvoir socialiste on a bien vu, nous sommes toujours à 3 % d’enfants scolarisés en classe bilingue.

             

            En 2000 avant qu’ils prennent le pouvoir,  chaque année, il y avait plus de 2 000 enfants de plus, maintenant cela stagne complètement, il y a plus 500 enfants seulement cette année. On a calculé qu’il faudrait plusieurs siècles pour rattraper les Basques du Nord. Il n’y a pas de volonté politique, la généralisation de l’enseignement du breton à nos enfants, ils n’en veulent pas, il ne l’évoquent pas, il disent : «  Il faudrait qu’a peu près tous les parents qui veulent pourraient être pas trop loin d’une école » etc, mais il n’y a pas d’affichage et de volonté politique forte, c’est pour cela que nous avons écrit un courrier, il n’y a pas longtemps, avec Ar Falz sur cette question-là, parce qu’à un moment il faut savoir dire les choses, on veut ou on ne veut pas. Si on ne veut pas, on le dit, et il faut le dire, ces gens-là ne veulent donc pas, ils renoncent à la Bretagne, ils ont renoncé à la maritimité, aux compétences élargies dans le cadre d’un statut particulier pour la Bretagne. L’émancipation de la Bretagne, ils n’en veulent pas !

             

            Le système repose largement sur notre complicité, car avec nos élus bretons,  nous sommes complices du système quelque part. Le jour où les élus seront capables de dire non, le système s’effondrera, je le pense vraiment, ce sont les élus qui légitiment ce système centralisateur spoliateur. Si les élus ne suivent plus un moment donné le système se dégonfle, il sera obligé de muter et ne sera plus le même système. Mais le système est très puissant et il contrôle avec le peu d’argent public le nombre de militants bretons et de gens inféodés au système et qui ne peuvent même pas s’exprimer. J’ai initié un ouvrage collectif qui s’appelle le Livre Blanc de l’unité bretonne.  Une personne a écrit un article remarquable sur la langue bretonne en Loire-Atlantique, il n’a pas pu mettre son nom pour des raisons que l’on comprend vite. Le système tient ainsi un grand nombre de militants et on peut dire qu’une partie du mouvement breton est accaparée par le Parti Socialiste, il faut appeler un chat un chat. A chaque fois qu’il y a une grande élection le président de Kevre Breizh, avec cette qualité, appelle à voter Parti Socialiste.

             

            Chacun a le droit d’avoir ses idées bien sûr mais il faut savoir prendre du recul et se poser certaines questions. Tout est fait pour légitimer le système et nos élus ont besoin de ça, le droit à la différenciation, la Région ne parle plus que de cela mais c’est une coquille vide, et ils le savent bien.
            Il y a cinq ans, huit ans en arrière c’était le droit à l’expérimentation, cela aussi c’est dans les plus hauts textes, le droit à l’expérimentation, des demandes avaient été faites, mais cela n’a  pas marché parce que le système n’en veut pas et bien, le droit à la différenciation c’est pareil. Le système n’en veut pas, il est d’ailleurs en train de reprendre le peu qu’il a pu concéder sur les aides à l’agriculture etc. Il reprend tout parce que le système a besoin de récupérer l’argent. J’en veux beaucoup à ces grands juristes qui sont toujours là pour faire de grandes conférences sur le droit à la différenciation. Soyons lucides, combien d’années il va falloir regarder le système comme cela avant de comprendre que le système marche sur la tête et que nous en sommes les principales victimes ? Combien d’années encore ? On n’aura jamais rien sur le droit à la différenciation ou alors des artifices, des trucs qu’on va vous faire croire en vous disant c’est formidable mais derrière il n’y a rien, la réalité c’est qu’il y a des gens qui veulent des strapontins et qui donc ont besoin de légitimer le système et leur présence au sein du système, c’est ça le problème.

             

            Alors, il faut sortir du système, il n’y a pas d’autres solutions. Il est d’ailleurs en train de s’effondrer. Il met du temps à s’éteindre. Il est en train de s’éteindre, il faut le regarder, il ne faut pas le maintenir en vie cela ne sert à rien, on verra bien ce qu’il se passera après ce système qui nous tue à petit feu en échange de parlottes, beaucoup de grands discours mais derrière rien de consistant, c’est cela notre problème.
            La langue bretonne à droits et moyens constants  est condamnée, soit il y a un sursaut fort comme je le souhaite, soit c’est fichu il faut arrêter la parlotte, les fonctionnaires de l’Ofis ar Brezhoneg qui nous disent que c’est formidable, qui triturent les chiffres en se trompant qui plus est parce qu’ils oublient de voir certaines choses, on pourrait faire un constat encore plus tragique parce qu’on ouvre des classes avec  peu d’élèves, On ne dit pas aux parents qu’on va introduire l’anglais, ce qui motiverait les parents mais on le fait pas  donc les classes se vident. L’enseignement privé ne fait plus rien.


            Il serait possible de redresser la barre !  La première chose à dire serait : « plus d’aide, mettez en place une vraie dynamique et nous en rediscuterons ». L’université ne veut pas mettre en place de licence d’enseignement bilingue ? Et bien on ne paye plus de bourse. La Région a des moyens de pression mais vous ne les verrez jamais  alors qu’on pourrait faire énormément de choses et très très vite pour que cela reparte dans le bon sens.  Ceux qui sont aux affaires n’en ont pas même l’idée.


            Changer le système, je disais tout à l’heure que c’est au niveau local que la démocratie doit s’exprimer mais on sait à quel point c’est difficile car la presse n’est pas avec nous, on n’est pas unis parce que beaucoup d’entre- nous sont dans le système, on un pied dedans, donc c’est très difficile de se faire entendre et de mener des actions fortes. On s’aperçoit d’ailleurs que tout ce qui est significatif aujourd’hui, tout ce qui questionne le système, la politique de la Région etc. cela vient en dehors des instances représentatives du mouvement culturel breton, parce que les instances de Kevre Breizh sont dedans donc ils ne peuvent pas faire pression sur la Région, il n’y a plus de grandes manifestations depuis combien d’années ? Cela ne bouge plus, on ne pousse plus les gens qui pourraient faire des choses. Il y a énormément d’initiatives qui sont parties du dehors avec Ar Falz, la plate-forme qui est quelque chose de tout à fait intéressant, on a le mérite de dire ce que l’on veut, ce n’est pas du verbiage, c’est un statut particulier pour la Bretagne, on gère nos affaires, c’est vers là que nous devons aller. Il y a eu Rouedad aussi qui a proposé beaucoup de choses très intéressantes sur la langue bretonne, en dehors de Kevre, d’autres courriers qui sont partis sur la francisation des noms de lieux et la nouvelle politique linguistique avec des artistes récemment. Tout cela c’est en dehors des instances représentatives officielles, c’est complètement cadenassé. On a un petit peu de ménage à faire chez nous pour repartir de l’avant car je crois que la société civile peut faire beaucoup de choses, j’en suis persuadé parce qu’il y a beaucoup d’idées qui avancent, beaucoup de gens veulent faire des choses. Je parlais du courrier des artistes, le nombre d’artistes qui ont signé le courrier contre la francisation des noms de lieux est ahurissant, et encore, on a arrêté très vite.


            Sur la nouvelle politique linguistique c’est pareil, on aurait jamais cru il y a quelques temps avoir autant de grands noms que cela, il y a énormément de choses à faire même si ce n’est pas facile. Je pense qu’il faut dénoncer toutes formes de complicité, c’est cela que je voulais faire par ce petit bouquin, dire bon OK cela fait 15 ans que vous êtes aux affaires à la Région et maintenant c’est un désastre, vous êtes complices du système. Il faut dire les choses clairement parce que quand vous pouvez faire évoluer les choses et que vous le faites  pas, il faut le dénoncer, les gens qui vont sur les listes des grands partis Jacobins, je pense que c’est une grave erreur, je pense que c’est une forme de complicité, il n’y a rien à attendre des formations politiques Jacobines parisiennes car elles sont dans le système. Et il ne faut pas leur donner de légitimité bretonne, il y aura toujours des gens qui seront débauchés pour donner une coloration bretonne à ces listes-là, pour faire du verbiage et de la parlote, pour dire que tout va bien alors que la situation actuelle est un vrai désastre, il y a le feu dans la maison. On met des gens comme cela qui ont un statut un peu de commissaire aux affaires indigènes, ils sont là pour nous dire « ne vous inquiétez pas tout va bien ». Je sais que certains essayent de bien faire aussi, je sais que c’est plus compliqué que cela mais je pense qu’il ne faut plus y aller.


            Il faut proposer aux Bretons une offre politique, la réalité est politique, pas juridique, cela veut dire qu’un moment donné il faudra prendre la région, que vraiment des gens motivés pour la Bretagne, pour les Bretons, prennent les affaires en main, cela veut dire construire une offre politique intéressante pour les Bretons car basée sur l’alliance de la transition écologique et de la transition démocratique, les deux sont liées. On ne fera pas l’une sans l’autre.


            Je crois beaucoup au partage du pouvoir, la souveraineté indivisible, le pouvoir absolu, c’est terminé. Je pense qu’il faut que les Régions, les peuples prennent leurs affaires en main, qu’on soit capable de partager le pouvoir aussi peut-être et  que les alliances futures devraient aller vers là, être capable de dire « nous on veut bien venir avec vous » et on aura deux têtes de liste par exemple à la Région, une tête de liste autonomiste et une autre écologiste avec un programme extrêmement clair d’émancipation au service des Bretons. C’est quelque chose de l’ordre du faisable si les mentalités évoluent, en tout cas moi j’ai la faiblesse d’y croire. La démocratie c’est quelque chose qui se gagne au niveau local, nos efforts doivent être portés là-dessus, je le pense vraiment.


            En conclusion, on parlait du système en France, il ne va pas bien, il repose sur l’endettement, on a emprunté 10 milliards d’euros encore il n’y a pas longtemps, l’endettement est énorme, l’économie française n’est plus une économie compétitive concurrentielle, plus de 70 % de l’économie française est en dehors du champ concurrentiel ce qui veut dire que cela ne peut pas fonctionner dans une économie ouverte, il y a plein de passe-droits au service de grandes entreprises du CAC 40 mais cela ne peut pas fonctionner comme cela, d’ailleurs on vend de plus en plus de choses, on vend les bijoux de famille parce qu’il faut de l’argent et on n’en a plus, pour l’instant on empreinte à des taux ridicules sur le marché, cela ne va pas durer. Cela fait peut-être six ans que les banques centrales donnent de l’argent avec facilité d’une manière déconnectée de l’économie réelle et un jour ou l’autre il y aura un retour de bâton comme il y a eu en 2011 quand Nicolas Sarkozy était à deux doigts de ne plus payer les fonctionnaires. Il n’y avait plus d’argent et c’est l’Allemagne qui l’a tiré d’affaire, mais l’Allemagne ne sera pas toujours là, un moment donné les taux d’intérêt vont monter et on ne remboursera plus la dette. On ne pourra plus payer les fonctionnaires et cela va être la catastrophe, que ferons-nous à ce moment-là ?


            Il y a aussi un autre problème, le Rassemblement National, vous avez vu les sondages sur la montée de la haine etc. Je pense que c’est cela qui va tout emporter, je pense que la prochaine fois ou le coup d’après, un parti d’extrême-droite prendra le pouvoir en France, c’est presque écrit quand on voit ce qu’il se passe à l’échelle européenne et mondiale, Trump, Bolsonaro, les Hongrois, les Polonais etc, C’est le parti populiste qui promet tout et n’importe quoi qui passe et en général d’ailleurs quand un pouvoir a cassé le clivage droite-gauche (c’est Macron), après c’est l’identité qui prime et donc c’est la dimension identitaire, c’est l’identitariste qui prend le pouvoir.


            Mais la France est particulière, elle n’a pas d’identité solide, elle s’est construite contre l’autre, contre les peuples de France. Il y a donc un problème d’identité en France qui est colossal et quand cela ne va pas, on voit bien que tout part en vrille, la guerre 39-45 a été une guerre civile en France, ailleurs ce n’était pas le cas, en France il y a eu un pouvoir qui a collaboré, la Révolution, c’était une chasse à l’autre il ne faut pas l’oublier. Il y a un problème d’unité très fort en France et cela veut dire qu’il faut s’attendre peut-être à des temps très très difficiles pour nous, parce que la logique que l’on suit dans ces moments-là, c’est la logique du bouc-émissaire. Il y a un philosophe qui s’appelle René Girard qui a démontré cela de manière tout à fait intéressante, quand cela ne va pas, vous trouvez un bouc-émissaire, et le bouc-émissaire c’est le communautarisme, c’est nous. Ce sera nous les boucs émissaires. Vous voyez bien l’islamisme, on leur tape dessus et ensuite, c’est le communautarisme qui devient la cible.


            Ce pouvoir-là, va tout faire pour subsister, car tout ira de mal en pis, et il aura besoin de victimes. À ce moment-là qu’est-ce qu’on fera ? J’ai écrit un roman là-dessus qui s’appelle les frères Kervegen pour décrire cette montée de la haine et ce pouvoir d’extrême-droite qui prend le pouvoir mais qui rassemble tout le monde extrême-gauche extrême-droite, dans une situation de chaos. Ce pouvoir va taper sur les minorités, il va se montrer illibéral, il va remettre en cause tous les acquis et fondements libéraux. Il va taper sur les minorités, est-ce qu’on saura répondre ?


            Je vois le système s’effondrer, je l’ausculte, je n’ai pas envie de le soutenir parce que ce système-là, il est contre nous, il nous considère comme des étrangers, il nous étouffe et nous met à mort à petit feu. J’attends qu’il tombe et après on verra bien. Je suis peut-être un peu pessimiste, beaucoup de gens ne voient pas les choses comme moi et c’est heureux, j’espère me tromper mais pour l’instant je vois les choses comme cela. Quand je vois que 75 % des Français ne veulent plus des musulmans etc.… Il y a une montée de la haine qui est ultra puissante, même si les Français restent attachés aux grands principes, la haine est là, la colère et la haine sont là. De l’autre côté, les musulmans, dans ce contexte de pression accrue, seront appelés à se radicaliser, donc la situation ne va pas s’améliorer. Je vois cela gros comme une maison que tout vacillera dans quelques temps alors nous Bretons, il faudrait peut-être que l’on réfléchisse à ce qu’on fera à ce moment-là, lorsque tout basculera.

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      • 04/12/2019
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